On se connait?

Je passe mon temps à essayer de m’aimer moi-même.

Tous les jours, je me forge une estime de moi. Quand je ne fais rien, que je n’écris pas, que je travaille mal, que je maltraite ma peau, que je déconne grave, que je mange mal, que je fume une clope, que je mange trop gras, trop sucré, trop salé, quand je n’appelle pas ma grand-mère, que je ne fais pas mes papiers, que je ne suis pas à l’heure, que je suis trop exigeante, que je suis trop en avance, quand je remets à demain, que je ne tiens pas une promesse, que je pense à mon ex, que je bois pas assez d’eau, que je ne fais pas de sport, que je me maquille, que je mets trop longtemps à choisir mes fringues, que je suis pas assez exigeante, que je suis pas assez souriante, que j’ai des pensées déplacées, que j’ouvre trop ma gueule, que je dépense trop d’argent, que je paye mon loyer en retard, que j’oublie quelque chose, que je fais une boulette, que je range pas assez, que je relis mes anciens articles et que je les trouve nuls, que je perds quelque chose, que je me lève trop tard : je baisse dans mon estime.

Je cherche constamment l’équilibre entre « à quel point suis-je une grosse merde? » et « à quel point suis-je géniale? ». Assise bien confort au fond de mon lit, mes yeux se promènent dans ma chambre et mon esprit sonde maladivement mes bons et mes mauvais points du jour, de la semaine, du mois ou de l’année, jusqu’à trouver l’osmose, le juste équilibre du bien et du mal, de la réussite, mais pas trop, du foirage mais pas trop grave.

C’est ce qui fait de moi, selon moi, une personne moyenne.

Pas extrêmement brillante, même si ça énervait mes profs qui aimaient croire en mes « capacités » quand il s’agissait de remplir la colonnes commentaire de mes bulletins. Pas extrêmement médiocre, parce que je veux bien m’en sortir quand même. Pas extrêmement classique ni extrêmement excentrique, parce que j’aime qu’on me remarque mais j’aime aussi passer partout. Pas extrêmement belle mais ça on m’a pas vraiment laissé le choix. Pas extrêmement gentille ni extrêmement méchante. Faussement naïve, j’ai toujours préféré que les gens me pensent plus bête que ce que je suis. On se protège comme on peut.

 

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