VA-ET-VIENT ÉTERNELS EN ABSURDIE

09.02.2018 – ÉTERNEL RETOUR – CLEMENT LAYES – LE MANEGE, REIMS

 

Sandwich dans une main et parapluie dans l’autre, pas le temps de discuter, on file vers Le manège pour le prochain spectacle du Festival Reims Scènes d’Europe.

On arrive, et tous circonspects du spectacle du Blitz Theatre Group qu’on vient de voir, Jason cherche quelqu’un a qui ça a plu et je mange une pomme dans la file vers L’éternel Retour.

J’aime pas ce titre.

Ici aussi, les comédiens sont installés de chaque coté du plateau, mais cette fois ils sont assis bien tranquillement. Ils portent des vêtements pour certains normaux, je vois une enfant, une femme avec une longue robe argentée, une livreuse deliveroo, un touriste, un mec qui porte une combinaison d’animal et des talons blancs.

Au centre, trois panneaux en bois entourent une table, une chaise, un lit et une étagère vide. Ils sont découpés des deux côtés pour créer deux fenêtres et trois portes. Les reconstitutions d’intérieurs c’est pas mon truc, aussi minimalistes soient elles, pour autant je sens que la proposition ne se veut pas réaliste.

Quand la première interprète entre dans le dispositif scénique, elle enchaine quelques gestes absurdes, pose une bouteille de vin, s’esclaffe, pousse la chansonnette. Lorsque la première boucle de gestes est terminée, elle recommence, encore et encore jusqu’à ce qu’une deuxième personne la rejoigne et joue à son tour une partition à la fois tout aussi précise et absurde qui consiste à s’assoir, passer sous la table, dire deux mots à une personne absente, etc. Elles sont en boucle et les autres personnages les rejoignent un à un. À ce moment, je me dis que c’est intéressant et j’espère que l’arrivée de tous les danseurs va finir par créer du sens, du lien entre eux et peut-être même une histoire.

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Mais en fait non. Lorsque tous les personnages sont au plateau, la lumière change, devient verdâtre et la boucle joue trois ou quatre fois. La fille qui parlait à quelqu’un n’a pas trouvé d’interlocuteur et aucun geste ne trouve sa réelle justification, tout est absurde.

Je ne vois que le travail, je pense aux répétitions, je me dis que ça devait être un vrai casse-tête et je ne vois aucun plaisir dans le jeu des acteurs.

D’ailleurs je ne prends moi-même aucun plaisir.

Mon cerveau est emmêlé, je n’arrive pas à me concentrer sur un personnage tant il y a d’actions au plateau, ça grouille et mon regard ne trouve aucun point d’accroche. J’ai mal au crâne et je m’ennuie. Je me dis que ça ressemble à un atelier de théâtre et à une restitution de travail plus qu’à un vrai spectacle. Pas de poésie, pas de danse, pas de musique.

Comme un exercice de style, un outils de travail mais pas un objet artistique en soi.

La beauté pour la beauté, passe encore. Mais le travail pour le travail…

Ha oui et à un moment donné, deux techniciens en noir démontent petit à petit le décor jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien au plateau, sauf les interprètes qui continuent leurs actions. Ca doit sûrement avoir un sens hein… moi j’ai pas saisis.

Après ces deux spectacles insaisissables, mon cerveau fatigué et mes jambes lourdent rentrent se coucher à l’auberge de jeunesse.

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