Vladimir Nikolayev – Cannibal

On avait pas mal picolé ce soir là. Il était tard, je rentrais et sans me souvenir comment, je suis arrivé chez moi. Comme souvent, la soirée avait été agitée, on avait bu, dansé et surtout on s’était battu à honorer la coutume. J’étais bourré.

J’habite dans une rue déserte. J’y vois jamais un chat à ces heures tardives mais cette nuit, je distinguais une ombre humaine et courbée au coin à gauche de mon immeuble. Le mec était aussi torché que moi et j’ai dû le faire répéter plusieurs fois avant de comprendre qu’il voulait me taxer une clope. Bien sûr que j’allais lui en filer une à ce crevard mystérieux qui traînait en bas de chez moi. Il faisait quoi là? Jamais de ma vie que je lui file une clope, rien d’autre au passage et parole de russe on s’est mis sur la gueule en moins de deux. Il avait une bonne droite et m’en a mis plusieurs mais l’alcool que j’avais dans le sang

Je l’ai tué.

Comme quoi suffit d’un mauvais coup. Il est tombé raide mort le crapaud. Ce connard est mort juste comme ça putain quelle idée de me taxer une clope.

J’étais ken ce mec sur les bras.

Mais ma force a pas lâché j’ai pas fait dans mon froc. J’ai chopé le gars par les deux bras qu’il avait encore et je l’ai trainé jusqu’à ma salle de bain. Là j’ai enlevé tous ses vêtements tu vois. Le mec était jeune mais bien attaqué par la came ça se voyait à ses dents. Et sa peau était tachée, pas la même couleur du coude à l’épaule. Une tripotée de couleur même. Ça allait du jaune au marron de la terre puis y avait des passages verdâtres à faire chialer les miroirs.

Je l’ai découpé.

J’ai commencé par enlever sa sale tête puis les bras et les jambes. C’était pas facile surtout que j’étais pas bien outillé pour ça. C’était un bain de sang on voyait plus le sol et je tordais ses membres dans tous les sens pour arriver à les arracher. Les tendons ça fait du boucan. Comme le poulet qu’on découpe pour le manger le dimanche midi avec ta femme et tes enfants. Alors comme le poulet, je sais quel gout ça a le poulet. Toi aussi tu sais tu vois. Mais l’homme bourré comme ça je l’ai pas découpé pour rien et faut pas mourir con.

J’ai commencé par un morceau de cuisse. C’est ce que je préfère dans le poulet alors par mimétisme je me suis dit que ça devait être le meilleur. Je suis pas con. J’ai coupé un bon beau morceau quoi un truc comac. J’ai fait bouillir de l’eau sur le réchaud et quelques minutes plus tard que ça bouillait et que j’avais bien découpé une belle pièce je l’ai balancé dedans.

Quand ça avait l’air pas trop mal j’ai sorti le bout tout rosé de l’eau et j’ai arraché un bon morceau avec mes dents. Putain la cuisse, c’est peut être la cuisse que c’est pas bon. Mais putain quelle idée de faire cuire de la viande même d’humain dans de l’eau putain. J’ai lavé une poêle et j’ai émincé le beau morceau comme un tartare puis je l’ai fait revenir dans un fond de beurre. Voilà la viande rouge ça cuit dans du beurre comme ça comme un dimanche chez mémé. Et voilà là c’était pas mal.

Comme j’avais besoin de m’en débarrasser j’ai coupé le gars comme ça vite fait et je l’ai filé à mon pote Ivan. J’lui ai dit mec ! J’ai la meilleure viande que t’as jamais gouté et je suis sûr que ta femme pourra en faire des bonnes boulettes comme ils aiment les gosses. Anna a fait des boulettes le jour suivant. Ils ont fait un bon repas avec leurs enfants en famille quoi. Comme ils connaissaient pas ce goût je leur ai dit que c’était du kangourou et c’est passé tout seul comme ça.

De toute façon ici y a pas de kangourous ici.

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