FLÉAU N°9 : LES TÉNÈBRES

Voilà je vais écrire quelque chose sur une performance que je n’ai pas vu entièrement. 

J’ai honte. 

Mais après tout, y a des journalistes qui sont payé.e.s et qui le font sans que ça pose problème. 

 

C’était ma première étape du Festival Actoral. Je me rendais à Marseille et plus précisément au centre d’art Montevideo pour voir Fléau de Dave St Pierre et Alex Huot.

Je ne connais pas ces artistes.

J’en avais vaguement entendu parlé en bien.

La performance dure 5 heures. J’ai 2 heures de route pour rentrer chez moi.

J’entre dans une boite noire recouverte d’un tapis de danse.

Les spectateurs sont assis aux bords, contre les murs, par terre.

Au centre, trois performeurs portent des masques de corbeaux.

Derrière moi, une affichette annonce le programme heure par heure, décliné en plusieurs tableaux de durées différentes. Au dessus de l’affichette, une horloge.

 

Il ne se passe rien. Du moins, rien qui soutienne mon attention. Pas rien du tout. De temps en temps, un des performeurs étend et repli un plaid rouge sur une table ou le pose en boule quelque part. Un autre, à deux reprises, s’étend au sol et tente de boire de l’eau avec une bouteille qu’il vide lentement au dessus de son bec. Les deux hommes sont nus. La troisième performeurse est une femme dont le costume de corbeau est complété d’un grand plaid noir qui la recouvre entièrement et qu’elle se met à agiter parfois.

Voilà.

Je m’ennuie.

Un homme à côté de moi a ouvert un bouquin. Oui car il n’y a aucune autre création lumière que de simples néons qui éclairent la pièce (oui l’image est trompeuse on est d’accord). Ni aucune autre création sonore que le silence. Les conditions idéales pour se remettre à la recherche du temps perdu.

 

J’ai oublié le deuxième tableau.

 

Dans le troisième, les hommes enfilent des combinaisons à poils, une jaune et une verte. Elles sont chacune dotées d’un énorme sexe masculin, je précise comme si ça avait pu être autre chose. La performeuse s’est installée au centre du plateau, sur une balançoire et commente l’action des deux hommes. Elle explique que ces deux personnages vivent dans une boite noire, qu’ils s’ennuient et qu’ils jouent beaucoup. En particulier à un jeu qui consiste à cacher leur énorme sexe. Aussi, ils les comparent pour voir qui a le plus gros. Ils s’approchent des spectateurs mais sans aller trop loin.

Ça dure beaucoup trop longtemps. Aussi, à la fin du tableau, quand le quatrième commence, les hommes de nouveau nus enfilent des masques de monstre et je quitte la pièce.

 

Si le message critique est de dénoncer le patriarcat artistique qui opère dans le spectacle vivant comme partout, pourquoi le faire en continuant de tourner autour de vos bites? Je m’en fous de ta bite. Parle-moi d’autre chose que de la bite. J’en peux plus de voir des bites. Vrais bites, fausses bites, bites en plastiques, en gode, en pilou-pilou. Ravalez vos bites, sucez-vous la bite ailleurs que devant mes yeux sur le plateau.

bite bite bite bite bite bite bite

C’est quoi, c’est dénoncer le patriarcat en faisant du patriarcat ? et chiant en plus.

J’aurai pu revenir car le dispositif permettait d’entrer et sortir, mais j’ai préféré manger une gaufre sur le vieux por(c/t).