Le moi de la poésie

Nous ne connaissons point les pleurs 

Nos âmes sont vides, nos coeurs 

Sont secs comme les feuilles mortes.

Nous allons mendier notre pain

C’est dur d’aller (nous refroidir) aux portes. 

Mais hélas ! lorsque l’on a faim

Il faut manger, coûte que coûte,

Sur la grand’route. hannn l’enfer 

 

L’hiver, d’aucuns de nous iront 

Dormir dans le fossé profond 

Sous la pluie de neige qui tombe.      c’est chiant    

 

J’ai l’impression d’être ridicule dans leurs souliers

dans leurs smoking

dans leur plastron

dans leur faux-col dans leur monocle dans leur melon

J’ai l’impression

d’être ridicule

avec mes orteils

qui ne sont pas faits

pour transpirer du matin jusqu’au soir qui déshabille avec l’emmaillotage qui m’affaiblit les membres

et enlève à mon corps sa beauté de cache-sexe QUOI 

J’ai l’impression d’être ridicule avec mon cou en cheminée d’usine avec ces maux de tête qui cessent chaque fois que je salue quelqu’un

J’ai l’impression d’être ridicule dans leurs salons

dans leurs manières

dans leurs courbettes

dans leur multiple besoin de singeries

 

Non mais ! 

Dans les rayons clairs 

Pour une tente de clarté non. Tu fais pas ça. 

Au-dessus des creux profonds

Arrachés à la nuit Au-dessus des creux profonds 

Hors de la nuit bah non. 

Au dessus des cieux 

Entre les mornes 

Crêtés de rayons clairs

Hors du creux profond de la nuit

Hors du creux noir et mouillé de la nuit. En fait le mec connait trois mots. Il connait creux, nuit et clair. voilà. Et le gars il a fait un poème avec les trois mots qu’il connait non mais c’est bon. Faut un peu arrêter de s’foutre de la gueule du monde. 

 

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ; 

J’ai chaud extrême en endurant froidure : quoi ?

La vie m’est et trop molle et trop dure ; 

J’ai grands ennuis entremêlés de joie. Pourquoi tu fais ça putain. 

Tout à un coup je ris et je larmoie, incroyable n’est-ce pas?! *Rires* elle rit ! Et elle pleure à la fois ! C’est génial. 

Tout à un coup je ris et je larmoie,

Et en plaisir maint grief tourment j’endure ;

Mon bien s’en va, et à jamais il dure ; 

Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène ;

Et, quand je pense avoir plus de douleur, 

Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,

Et être au haut de mon désiré heur,

Il me remet en mon premier malheur. Ohlala mais c’est       terrible      elle est amoureuse, après elle est plus amoureuse, après elle est triste, après elle est contente, des fois les deux en même temps.. ça c’est… ça c’est renversant ! 

*chant* tu peux tout manger, j’aime pas ça la pâte de fruit 

Est-ce qu’on va trouver un bon poème hein? Est-ce qu’on va trouver un bon poème ? Prfou ! HA ! Alors celui là il est génial. Ça commence trop bien. Ça s’appelle la fin du monde et c’est très sérieux ok ? prendre corps

Je te flore tu me faune 

non. 

Non mec, non Luca c’est pas possible. 

Je te peau je te porte et te fenêtre tu m’os tu m’océan tu m’audace tu me météorite

Je te clef d’or je t’extraordinaire tu me paroxysme

Tu me paroxysme

et me paradoxe

je te clavecin

tu me silencieusement

tu me miroir

je te montre

Tu me mirage tu m’oasis tu m’oiseau tu m’insecte tu me cataracte    non 

Non tu fais rien de tout ça mec. Han ! Insuuuupportable genre le mec il a trouvé l’idée deeee faire des verbes avec heu des mots en fait. Avec des des.. non mais c’est nul. Han tu me solubles tu m’insolubles naaan je te cuisse je te caresse

je te frissonne nan c’est insupportable hein je te respire

jour et nuit je te respire

je te bouche haaaaan mais quel enfer ! Mais quel enfer dans quel enfer de la poésie ! 

Parce que chaque mot cache une fin du monde alors déjà        non     déjà chaque mot cache pas une fin du monde ‘fin faut s’calmer tu vois genre un mot c’est un mot 

et que l’ombre rend plus vive la lumière       quoi 

la vie belle de sa blessure rouge

flamboie de tristesses éparpillées

Un rouge exubérant à en mourir

un rouge à aimer sans prendre souffle     non mais c’est horrible ! 

Un pétale deux pétales trois pétales

rouge sang rouge vulve rouge Ogou

Tu dérives ma fille, tu dérives et t’emmêles    allez lèche le sang d’mes règles, bois-le à la paille ! 

Je ne suis pas un arbre dont les racines en terre

Absorbent les minéraux et l’amour maternel    gniaaanaganaaiaia ‘tain mais la poésie c’est d’la merde ! ‘tain y a pas une jolie poésie là ? Ya pas un truc sympa à lire putain ? Arthur Rimbaud ! hé! Arthur Rimbaud j’te laisse une chance. 

On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.

– Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !

– On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin ! L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ; Le vent chargé de bruits oh non ! 

Le vent chargé de bruits – la ville n’est pas loin –

A des parfums de vigne et des parfums de bière…     bon, bon le mec il s’en remet pas d’avoir 17 ans mais bon faut s’calmer quand même 

Holalalala y a que des trucs horribles quoi ! Fouuuu mais pourquoi les poètes ils sont, c’est quoi leur problème ? 

Les nuages sont beaux, blancs les nuages sont blancs, bleus, les nuages sont beaux    non mais sérieux ?!  

immondes, les nuages nagent, les enfants font l’amour, lèvent, soufflent, grandissent, passent, ne reculent pas, se retournent, descendent, les nuages nagent, les nuages volent,    ohlala 

Frères humains, qui après nous vivez, N’ayez les cœurs contre nous endurcis, Car, si pitié de nous pauvres avez,

Dieu en aura plus tôt de vous mercis.    Fouuuu comprends riennnn 

Les lambeaux de notre amour mitigé alors là encore heu quelqu’un qu’a une peine de coeur ils ont tous des problèmes de coeur heu les poètes 

Accrochés aux poutres de mes souvenirs Imprimés en moi éternellement.  Nan mais c’est bon quoi, ils ont pas autre chose à raconter ? 

Mon nom : offensé ; mon prénom : humilié ; mon état : révolté ;

mon âge : l’âge de la pierre. (…)

Ma race : la race tombée. Ma religion …

mais ce n’est pas vous qui la préparerez avec

votre désarmement …

c’est moi avec ma révolte et mes pauvres poings

serrés et ma tête hirsute    pfou ils font des césures t’sais pour faire style ils font des césures en plein milieu des phrases genre hmmm j’vais tous les déstabiliser en mettant des césures là où il ne faut paaas. C’est ça la poésie ? Attend déjà pourquoi tout est en vers là ? Ya pas haaaa là ya un peu de… heuuuu de prose ha mais parce que c’est une adaptation quoi 

Mes gants ! Blancs. A Bloc. Gonflés à bloc. Gonflés… et durs, bordel ! Vos lits d’amour, c’est le champ de bataille. A la guerre comme à l’amour !… Pour les combats, parés !… De toutes vos parures, Messieurs. Ouais bien sûr c’est que des mecs Meeeessieurs c’est que des Meeeessieurs voilà ça m’a soulé 

C’est le fils d’un forestier qui nous a trouvées.

Après dix heures de travail pour éteindre le feu il est passé à côté de nous sur son chemin de retour. Il était déjà depuis deux jours en intervention dans la forêt et il était fatigué.

Depuis quarante et une heures, des pompiers étaient déployés dans la forêt.

Avaient maitrisés le pire. La flamme nue. Mais le feu qui couve n’avait pas encore été vaincu.

Le feu qui couve est un animal silencieux, sournois.

Le travail continuait. 

C’était le soir, dix heures moins dix.

Le ciel était noir. Depuis quarante-huit heures je n’avais pas vu la lumière du jour.  Ça c’est pas mal ! C’est une femme ! Anja. Hilling. J’aime bien. Ça c’est joli. 

Bref 

Ces poètes alors 

Ils adoooorent les métaphores 

Et les comparaisons 

Ça c’est les pires trucs. 

 

PS : j’ai trouvé tous ces beaux poèmes à la fin du questionnaire d’entrée au TNB. Tu peux les trouver et les lire aussi en cliquant sur ce lien. Sinon, leur référence dans l’ordre ci-dessous :

Gaston Couté « Sur la grand’route »

Léon-Gontran Damas « Solde »

Roger Dorsinville « Pour célébrer la terre »

Louise Labé « Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie »

Ghérasim Luca « La fin du monde »

Ketty Mars « Dérive en rouge »

Sylvia Plath « Je suis verticale »

Arthur Rimbaud « Roman »

Christophe Tarkos « Pan » (extrait)

François Villon « L’Épitaphe de Villon ou Ballade des pendus »

Nedjmhartine Vincent « Confession »

Aimé Césaire « Et les chiens se taisaient » (adaptation monologue Le Rebelle)

Jean Genet « Les paravents » (adaptation monologue du lieutenant)

Anja Hilling « Tristesse animal noir » (monologue de Miranda)