Le moi d’octobre

J’aime tester les pizzas quatre fromages de toutes les pizzerias.

J’aime l’odeur du souffre. Les gens disent que ça sent l’oeuf pourri alors que ça sent les algues qui sèchent au soleil contre les pierres au bord de la mer de Sicile.

J’aime dire des gens qu’ils sont beaux.

J’aime la pluie fine de Paris et marcher dessous.

J’aime me mordre l’intérieur des joues.

J’aime la vue de mon sang.

J’aime les rencards au cinéma et voir la lumière du film sur le visage de mon rencard.

J’aime mon pays comment peux-tu en douter, j’aime aussi le seigneur car il pardonnera mes pêchés.

J’aime les filles.

J’aime me raser le crâne.

J’aime regarder la lumière.

J’aime marcher sans aller nulle part.

J’aime m’habiller et me déshabiller.

J’aime tomber amoureuse.

J’aime les sons de la vie.

J’aime la barba à papa et les fêtes foraines, et l’une sans l’autre.

J’aime changer de sujet de manière improbable dans une conversation.

J’aime les bougies mais j’en achète pas parce que je trouve ça trop éphémère et à 50€ la bougie ça vaut pas le coup.

J’aime boire un verre de Marsala ou de Bailey’s caramel en rentrant du travail.

J’aime me sentir libre et j’y travaille.

J’aime danser le Lindy Hop et danser tout court.

J’aime ma famille et non, c’est pas une chose évidente.

J’aime écrire dans un carnet et j’aime chercher ma calligraphie.

J’aime me chercher et m’échapper toujours.

J’aime m’assurer du temps qui passe.

 

 

 

 

NOUVEAU MOI DE SEPTEMBRE

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On change hein. Ca fait mal au cul mais on change.

Mais il reste bien quelque chose. Cherche bien. Un truc dans le regard qu’a pas changé. J’ai l’air nostalgique non?

Ma bouche. Regarde bien ma bouche, si tu vois bien on pourrait croire un copié collé.

Alors il reste ma bouche. C’est vrai que j’ai jamais trop su la fermer.

Pas comme sur la photo. Du coup.

En vrai j’ai toujours un truc à dire. Quelque chose à rajouter. Une réflexion. Une réaction.

Je réagis trop hein. « Ne réagis pas » on me dit. Mais je sais pas faire ça.

Je suis en réaction. Tout le temps. Pour tout.

Ce que disent les gens; ce qu’ils font; dans la rue, au supermarché, au théâtre, au boulot; ce qu’il y a dans les films ; ce que je vois, une lumière un son; ce qu’on me dit quand on ne me parle pas; ce qu’on ne me dit pas quand tout me parle.

Réaction partout tout le temps.

Sinon j’aurai rien à écrire.